Journal 28 : Les vacances de printemps…

AHHHHH les vacances de printemps !

Comme cela sonnait bien ! Cette petite phrase rimait pour moi comme une grande promesse … car bien que l’on vive sous le soleil ces deux petits mots étaient mon sésame pour la LIBERTE !

… à moi Paris, à moi les amis, à moi le shopping effréné, les terrasses bondées, l’air vicié, les visages renfrognés…

Voilà plusieurs semaines que je réglais mon emploi du temps avec autant de minutie qu’une bimbo faisant rentrer sa poitrine dans un sous tif triangle XXS

…au chausse pied…sans illusion mais avec conviction…il fallait que tout tienne, que tout rentre…

Pour comprendre le « spirit » dans lequel je me trouvais, je vous entraîne tel des spéléologues perdus dans les hémisphères de mon cerveau à visiter les cavités souterraines de mon encéphale (si si, moi aussi j’en ai !)…et voilà en quelques mots le brainstorming qui se jouait dans mon caberlo agité :

Vacances : pas de timing, pas d’obligation, pas de tic tac incessant, no contrainte, no limit…… et pas d’enfant !…ne vous méprenez pas ces chers petits êtres auraient aussi leur séjour extatique…. mais loin … Chez papi et mamie !…Ben quoi ??? Pendant des années j’ai failli me faire lyncher parce que j’osais élever mes enfants dans cet air archi pollué, entassés dans très peu de mètres carrés !

Printemps : bourgeons, renouveau,  surprise, croire que les résolutions de janvier vont enfin se réaliser, que les 4 kilos stockés vont s’envoler aussi facilement que le pollen se dépose sur nos nez…

C’est dans cet état de béatitude planante

(que j’aurais peut être atteint en mélangeant 1 Xanax, 2 Pastis et 3 tablettes de chocolat au lait noisette)

que je m’efforçais de planifier mes vacances.

Car en bonne catholique le salut passerait après la souffrance…et avant de trainer ma nouvelle «robette» entre les rues du BHV et celles du Marais, il fallait avant tout se débarrasser, euh… je veux dire s’occuper de toute la logistique ou «Comment programmer une semaine en deux jours ???»

Je sais, il y a des mystères que l’on n’élucidera jamais…comme le tour de magie de la femme coupée en deux ou comment mes parents ont découvert que j’avais fait le mur alors que j’avais graissé les volets avec 10 litres d’huile (???)

Pourtant je réussissais cette fois ci mystérieusement ce défi (sur le papier) Boris Vian n’a qu’à bien se tenir, voici la liste exhaustive :

– des courses alimentaires (l’excitation ne m’a jamais coupé l’appétit)

– un rapide tour de Monoprix (Indispensable ! Il ne vous viendrait pas à l’idée d’aller dans La Manche sans jeter un œil au Mont St Michel ?! Ni de vous rendre à un cocktail sans vous jeter sur le buffet ?! et bien impensable d’aller à Paris sans faire un tour à Monoprix!)

– 4 rdv médicaux (je ne sélectionne que des médecins demeurant trois rues tout au plus de mon domicile…et tant pis si leurs spécialités ne collent pas tout à fait ;) Un orl peut bien faire un vaccin, un dermato une radio, non ?! Sinon à quoi a ça servirait de faire autant d’années d’études ?

– Caser la vie sociale de Zélia qui veut elle aussi revoir ses amies «de longue date» (je vous rappelle qu’elle a 6 ans ½ !)

– réserver deux voyages en train pour les enfants qui ne repartiront pas ensemble (trop simple)

– booker l’animatrice SNCF qui accompagnera Zélia

Tout cela n’aurait été possible sans l’aide précieuse et active de ma mère à qui je souhaite au travers de ces quelques lignes rendre un vibrant hommage !!!!! Cet être subtil et raffiné qui a réussi à créer deux êtres exceptionnels, (mon frère et moi) et qui sait mieux que personne s’occuper de ses deux petits-enfants, qui soit dit en passant n’envisagent pas leurs vacances sans leurs grands-parents chéris ! (Si,si !)

Quoi ????!!!!!! C’est que j’ai bien l’intention de réitérer l’exercice au mois de Juillet moi !!! ;)

Tout était donc ok….des semaines de préparation en amont et après ce semi-marathon, il me resterait 7 jours, 14 heures et 6 minutes avant d’aller récupérer les enfants !!!!!!!!!!!

A moi ma vie d’avant avec en bonus la conscience tranquille :

mes enfants récolteraient la distribution des cloches au milieu de la chlorophylle et mon mari serait bien au chaud dans son bureau !

Ne me resterait plus qu’à me jeter à corps et à cœur perdus dans cet océan de temps consacré qu’à MOI, mes plaisirs, mes désirs….un bain d’amitié, des heures de randonnées sur les pavés, de longues pauses café à snifer les terrasses enfumées (et encore gelées) des soirées arrosées, des restos AOC, des petits déjeuner au lit à bouquiner…

Oh merde ça me donnerait presque envie de disserter sur l’immensité des possibles….

C’est dans cette optique non dissimulée que toute ma petite troupe me suivait ce samedi matin,  Gare Montparnasse, avec pour  seul objectif : Mettre ma mère et Corentin dans le train !

Direction Angoulême !

Arrivés à la gare bien en avance (faudrait pas louper le train !)… on achète des Oui Oui et Tchoupi divers, de quoi tenir le choc pendant deux heure vingt (un croissant, un pain au chocolat, deux bouteilles d’eau, une plaquette de chocolat, des Stroumphs  et des Cocas)…

j’ai même le temps de  faire, dans la salle d’attente, le numéro de la mère possessive en étouffant mon fils entre mes seins et en lui disant à quel point il allait me manquer…

Tableau lumineux : on arrête tout ! Le train est annoncé à l’heure (Yes !) Voie  5 !
J’ouvre la marche, bille en tête, Zélia m’emboite le pas, les roues des valises fument, Coco tente de faire des pas de géant du haut de ses 94 cm et ma mère, haletante, la langue collée sur la joue et le brushing défait, ferme la marche !

Je suis prêt du but…dans quelques petites minutes, il ne me restera que Zélia (qu’une maman d’une copine vient chercher pour visiter le Zoo de Vincennes)…Allez on monte dans la voiture 13, trouvons les places 26 et 27….j’installe les valises, étale les magazines,

refait ma mère éplorée à Corentin qui s’en fout comme de sa dernière Pampers, beaucoup plus impressionné par la miniature de Oui Oui offerte avec le livre que par mes talents de comédienne…

je remercie encore ma mère : « sans qui tout cela ne serait possible » etc ( je ne déconne pas… je veux vraiment remettre ça en juillet ;))

Ultime étape : le petit coucou sur le quai où l’on tambourine et hurle comme des sauvages à travers les 30 centimètres d’épaisseur de la vitre du train !!! Zélia a à peine le temps de faire un cœur avec ses mains que je m’engouffre déjà engouffrée dans le métro !

Coup de fil : ma mère ! Je décroche :

« Sophiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee, tu ne nous a pas mis dans le bon train : on part au Sable d’Olonne !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Consternation, inutile d’être fortiche en géographie pour deviner que mon père allait avoir du mal à les trouver à Angoulême sur le quai !

Après tout la vie d’expat m’a appris à tout positiver : rien de tel pour former la jeunesse que la visite d’une nouvelle contrée ;)