Journal 29 : Coco, Yes he can!

photo 5 - Copie (2)

 

Pourquoi faisons-nous des enfants ???

Je ne prétendrai pas vous donner une réponse ci-dessous… ni jamais d’ailleurs…

Mais une chose est sure, certainement pas pour qu’ils soient plus cons et plus moches que nous;)

C‘est forte de ce noble (tout relatif) constat que je m’apprêtais à soutenir Corentin dans ce que l’on peut nommer : son premier entretien.

Car oui on peut n’avoir que 3 ans et demi, peser 12 kilos et se balader H 24 avec un doudou et une tétine et être convoqué pour un oral de 30 minutes (15 en français et 15 autres en anglais)…

C’est par téléphone que la convocation tomba : dans 4 jours, Corentin serait attendu pour son admission en Moyenne section bilingue !

4 petits jours pour faire de mon Coco : un winner, un killer, une bête de concours !

Alors tout le monde allait devoir s’investir…finis les Oui Oui et compagnie, les Tchoupi et autres gzi gzi maintenant seraient au programme : des échanges uniquement en langue shakespearienne et 1 heure de calligraphie quotidienne afin de pouvoir écrire son prénom sans qu’ il y ait de confusion possible en des lettres et de vulgaires hiéroglyphes gribouillis !

Je commençais par missionner Zélia en lui demandant de parler et surtout de faire parler son frère en anglais…évidemment je connais les méthodes de coaching et la bonne vieille carotte : si l’objectif était atteint, elle aurait le droit de choisir n’importe quel cadeau dans un grand magasin de jouets !

Elle fut tout de suite ultra motivée et le pauvre Coco n’avait à peine posé ses fesses dans son siège auto qu’elle abrutissait déjà de questions : Comment t’appelles tu ? Quel âge as-tu ? Combien de frère et sœur ? etc…..le pauvre déjà épuisé par une longue journée répondait une fois sur deux par :

« My name is fefesse qui pue la cigarette ! »

…..Ce n’était pas gagné pour la plus haute marche du podium !

Florent me conseilla de demander de l’aide à la nursery…ni une ni deux j’expliquais à la directrice l’importance de l’enjeu et bien que l’étendu de mon vocabulaire restait limité, les vibratos de ma voix en disaient long sur ce qui allait se jouer…(oui il s’agissait bien de l’avenir de mon petit voir à plus long terme de tout un pays !)

Le message fut bien entendu car dès mon départ mon pauvre Corentin qui était cette semaine-là en français dû quitter sur le champ camarades et maitresse pour aller faire de l’anglais !

A chaque fois que l’on se croisait dans l’appartement je lui rappelais que nous allions bientôt aller dans sa future grande école qui était super, voir des dames super, à qui il faudrait parler un anglais super ! Evidemment s’il réussissait Maman lui offrirait un beau cadeau ! Quoi ?! Chacun sa technique de management !

La veille de  « l’oral » je conversais par sms avec une maman d’un de ses copains qui me rassura en me disant qu’elle avait déjà eu ce genre de test pour faire rentrer sa fille dans une école anglaise et qu’il ne s’agissait que d’une formalité….ce qui me permit de déstresser un peu.. au moins jusqu’au jour J….ce fameux lundi !

Dès le réveil, Florent qui partait en voyage d’affaire alla pour le quatrième matin consécutif, expliquer à son fils l’importance de bilinguisme au XXI ième siècle !!!

Ce pauvre Coco qui venait de passer  3 ans et demi pénard commençait à bien comprendre que le vent tournait…si bien que lorsque je vins le chercher à 14h ( test à 15)  la prof d’anglais était au bord des larmes : pour la première fois il avait tout mélangé…il fallait vraiment que je relâche la pression !

Je récupérais donc Corentin comme lobotomisé, s’arrimant à moi avec autant de légèreté qu’une enclume !

Et dire que j’avais mis dans sa lunch box un déj de sportif : que des sucres lents et du sucré afin que son cerveau produise un max d’endorphine histoire de l’euphoriser un chouia avant l’exam…

Ce n’était pas gagné…je saisissais mon Coco d’un bras et de l’autre faisais le V de Victoire en hurlant au staf sur le pas de la porte :  «He is a winner !!!! »

Je commençais à me demander (oui …qu’à ce moment-là !!!) si je n'en faisais pas un peu trop…surtout pour une soi-disant  formalité !

Sur le trajet, je décidais de décontracter mon futur lauréat en hurlant à tue-tête la chanson de Baloo : « Il en faut peu pour être heureux »….pas complètement convaincu « Qu’un peu d’eau fraiche et de verdure » feraient décrocher une place de Moyenne section bilingue à Corentin !

25 minutes plus tard nous arrivions au secrétariat gonflés à bloc !

Là se trouvait à ma grande surprise, le maître de Zélia (elle-même en Cp bilingue) qui supervisait les entretiens…AAAAAAh alors c’était vraiment sérieux ???? Mon pouls s’accéléra passant en trois secondes de 80 à 210 pulsations/minute…nous fîmes les présentations, j’introduisais Corentin sous les yeux de deux autres parents qui attendaient leur progéniture. L’instituteur m’expliqua le déroulement de l’entretien…Coco se liquéfiait, il s’accrochait à moi comme sa peau à une banane…c’est à ce moment-là que j’apprenais que l’un des petits qui était en train de passer avait une maman anglaise et l’autre : une maman prof d’anglais…évidemment inutile de mettre en avant mes heures de visionnage de séries américaines à la con sous titrées en français… ou ma fierté d’enrichir mon vocabulaire en lisant les panneaux publicitaires… Oh my god ! nous étions morts, dead ! (fini la moyenne section bilingue, le bac avec mention, l’ENA et le redressement de la France…) !!!

Arriva à ce moment-là une maman que je connaissais avec son petit qui avait l’air aussi détendu et sure de lui que le mien ! On n’eut à peine le temps de se saluer que nos enfants étaient attendus en salle d’entretien …c’est les jambes flageolantes et le cœur burinant que nous arrivions devant la salle…je glissais alors très discrètement à l’oreille de Corentin que si :

il voulait bien me lâcher le tissu qui me servait encore à cacher mes seins je lui achèterai tout plein de bonbons

….mais ce dernier ayant une double otite séreuse ( j’aurais dû le signaler comme handicap aux examinateurs !) ne cessait de me répéter «  Quoi ???? » « Tu dis quoi ?? »

Il finit par quitter mes bras et répondre Corentin à la question : «  What’s your name ? »

Mon fils est bilinguuuuuuuuuuuueeeeee !!!!!!!

photo 4 - Copie

Je repartais avec le maître de Zélia laissant mon bébé, mon Corentin écrire son destin…

Je passais les longues minutes suivantes à observer le père d’une petite postulante. Un homme très imbu de lui-même que j’avais osé questionner sur le niveau d’anglais de sa fille et qui m’avait regardé comme si je venais de lui demander si il avait une maladie vénérienne !

Le maitre revint alors avec une maman, pour qui, je le compris à demi-mot ça ne marcherait pas…il me demanda de passer dans la salle d’à côté….Ca y est ??? C’était fin ?????!!!!! Il m’isolait pour me dire que mon fils n’était pas retenu ??? C’est ça il voulait m’éviter l’humiliation au milieu du secrétariat, il faisait ça pour que je puisse pleurer à l’ombre des regards vainqueurs ?????!!!!!!

« C’est bon, super…pas de problème…excellent ! »

« Euh ??????…Ah bon…mais ….c’est bon, c’est super, c’est excellent comment ? Et sa bio on l’écrit quand ?»

Quel pied cette sensation de perdre 4/5 kilos en quelques minutes, cette légèreté retrouvée !

Le climax eut lieu le lendemain lorsque j’arrivais à la nursery. Toute l’équipe était là, je n’avais jamais vu autant de monde réuni depuis trois ans ….on aurait dit les résultats d’une présidentielle et moi la porte-parole de l’Elysées !!!!!

…Ces yeux rivés sur nous, ces souffles suspendus, les larmes de la prof d’anglais contenues…

« Oui, il est élu… euh il est pris…c’est bon !!! »

….Je me serais cru à l’Eurovision, je relatais les détails passant de l’anglais au français,  du franglais au n’importe quoi…la prof d’anglais me tombait dans les bras, sa collègue m’expliquait à quelle point elle avait été stressée la veille, les nanys me souriaient comme si je leur promettais une augmentation de salaire, bref une liesse les amis, une liesse !

Une fois, assise dans ma voiture je réalisais qu’a part faire des Cappuccino avec toute cette pression accumulée,

Il allait bien falloir me calmer pour les 20 prochaines années qui s’en suivraient ;)

 

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1 Comment on Journal 29 : Coco, Yes he can!

  1. boutouili
    23 juin 2014 at 15 h 03 min (3 années ago)

    Bravo Coco!!!! You’re the Winner!!!
    et bravo à sa grande soeur aussi!!!!

    Répondre

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