Journal 37 : If only I knew!

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On y était !…dans quelques jours «l’affaire serait classée»…le compte à rebours avait commencé…

A l’heure du pré bilan, le cœur lourd et la rétine humide, je classais dans les boxes prévues à cet effet, les grands et petits souvenirs à conserver… Certes cette expatriation avait occasionné son lot de doutes et de peurs mais aussi et surtout beaucoup de bonheurs…et comme pour une histoire d’amour antérieure, le cerveau s’arrange toujours pour garder le meilleur…

Je m’affairais donc méticuleusement à égrener les «to do» sur ma liste à rayer….les cartons étaient faits, l’appart quasi déserté, les enfants au frais (chez mes parents dans les prés !), Florent revenu pour m’aider, l’appart hôtel booké…(mauvaise idée : le même qu’à l’arrivée !)

Les quelques jours restants seraient donc réservés aux clôtures….de comptes, de lignes etc…et aux soirées !

Comme vous le savez les aurevoirs ne sont pas ma spécialité…et pourtant il fallait s’y coller car impensable de ne pas dignement saluer… tous ceux qui à cette belle histoire avaient de près ou de loin contribués !

Je commençais par annoncer la nouvelle aux tailleurs pakistanais qui la main sur le cœur m’escortaient ! Un geste, pour eux peut être quotidien mais … qui me donna l’impression d’être une sacrée guerrière qui avait vécu avec eux une aventure particulière…inévitablement, le pas de porte à peine passé, j’écrasais déjà quelques larmes bien salées !

Je vous épargne la liste, elle serait trop longue…et la mélancolie pure, pas le style du blog ;)

Vous connaissez : tout départ (et pire lorsqu’il est définitif) entraine son lot d’excitation positive et négative…certes, très bonne était la partie qui consistait à se faire le grand chelem de nos restos préférés…un peu moins fun… la corvée de se taper toutes les queues pour clôturer tout ce qui appartiendrait dorénavant à notre vie passée ;(

Voilà pourquoi mon Florent, lessivé, énervé, exaspéré… décidait de passer une journée et une nuit dans notre hôtel/plage bien aimé !

A nous le petit rab de farniente, vautré sur les transats douillets, un Lemon and Mint à nos côtés !

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Et nous voici, vendredi matin pas très frais (au compteur : 6 soirées dont deux Iftars et une sur consommation de gras à te faire tenir dans un froid polaire une dizaine d’hivers), mais prêts à en découdre avec cette journée dédiée à cette paresse vénérée J

Vous connaissez l’expression populaire «On n’a jamais deux fois l’occasion de faire une première bonne impression?»  Et bien je crois que très inconsciemment…. évidemment !… je décidais d’en faire de même pour ma sortie, ma conclusion !!!

En effet, j’étais loin de réaliser que prononcer une petite phrase aussi anodine que : «Laisse, c’est moi qui conduis ! » devant la voiture de location…allez remettre le parti… ci-dessus pris… en question !!!  ;)

C’est vrai, à l’heure du «tout parfait» où l’on doit réussir même ce que l’on rate «Réussir son divorce» «Optimiser son licenciement» «Mettre en valeur ses formes»

mon subconscient a sans doute choisi pour moi un départ moins consensuel !

Non, plus le droit de chialer en hurlant que la vie est injuste, qu’on n’y arrivera jamais, qu’on n’est qu’une merde…. Non, trop ringarde la bonne soirée nostalgie autour du feu où l’on se jure à grand renfort de champagne qu’on se reverra sous peu…

Nous voici donc sur le parking de l’hôtel, piaillant comme deux pinsons à l’arrivée du printemps, le parking à moitié vide je décide de me garer juste à côté d’une voiture…je ralentie…je tourne à gauche…je me range délicatement…dirige ma main droite vers le levier pour le mettre sur P comme Parking (Eh ouais plus une débutante…presque 4 ans de conduite Dubaïote la cocotte ;)

et là…………………………………………………………………….

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Mon pied…au lieu d’appuyer sur le frein se décale LEGEREMENT et très FERMEMENT pour finir sa course sur l’accélérateurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

23089799-Boom-in-pop-art-Stock-Vector[1]Mon véhicule grimpe sur le trottoir d’en face et en défonçant sa carrosserie emporte le poteau qui se trouvait là ! Comme dans un ralenti, nous assistons impuissants au spectacle désastreux qui se déroule sous nos yeux….

Le réverbère se détache…il tombe sur la voiture d’en face…je freine…je recule… …libéré, délivrééééé, il termine sa course sur une deuxième voiture à côté !!

Résultat : trois voitures dans un état piteux, un poteau au milieu! Qui dit mieux ???

Consternation ! Non je ne vois pas vie défiler mais la somme d’emmerdes que je vais devoir gérer !

Nous sommes sonnés…j’ose à peine regarder Florent de peur d’assister à son dernier râle… !!!

A l’instar de Perrette et son Pot au lait ce n’est pas  «Adieu veau, vache, cochon !»

mais bien «Adieu…transat, mer et vodka citron !»

Inutile de chercher dans notre vaste vivier de la langue française les mots appropriés…restons simples : c’est la merde !

En moins de trois minutes tout le staff de l’hôtel est autour de nous…je sors limite les mains en l’air en hurlant «Guilty !»

Oui je suis coupable d’un acte que je ne peux expliquer mais que je vais devoir assumer !

Toute l’équipe est super sympa…on nous dit d’aller prendre notre chambre, de déjeuner car on ne sait combien de temps il faudra pour voir la police débarquer…sur ce arrive l’un des propriétaires des voitures …charmant, un homme anglo-saxon de 28 ans super zen, pas une réflexion, pas un reproche : rien ! (un scénario absolument inimaginable en France où l’on m’aurait fait bouffer le poteau décimé !)

A table entre deux morceaux de fromage (Oui je n’ai pas perdu l’appétit, il faut bien prendre des forces ?!) Florent se dit très inquiet quant à la suite des évènements…il a peur qu’on ne puisse prendre l’avion prévu dans deux jours et me rappelle sadiquement que j’ai bien arrosé la soirée passée et qu’il est de notoriété publique que les policiers te font souffler dès qu’ils sont appelés !

J’essaie de ne pas trop paniquée, je n’ai pas bu tant que ça et certainement dû évacuer

durant la nuit les quelques bulles ingérées !!!

Trois heures plus tard on vient nous chercher, je me présente fébrile devant deux policiers qui ont autant envi de sourire que d’être cloué dans leur caisse un jour qui pour la plus part de leurs congénères est chômé…Ambiance !….ils me regardent à peine, me demandent mes papiers…font leur constat en arabe…lentement…il fait 50 degrés…eux ils sont au frais dans leur voiture climatisée et nous en plein soleil en train de dégouliner…

mention spéciale pour mon copain de galère ( roux à la peau blanche) qui non seulement a sa caisse ruinée mais surement une brulure au second degré à la clé!

Et dire que pendant presque 4 ans je n’ai même pas eu un tout petit accident ! J’ose à peine regarder Florent, qui ne cesse de dodeliner de la tête en se désolant…

Je passe le temps qui nous sépare à ramener la voiture au centre de location…à me faire plus petite et douce qu’un faon !

lampe-faon-1[1]Le lendemain alors que nous nous acquittons de la facture de l’hôtel, Florent constate une hausse substantielle !!!!!!!! S’en suit un bras de fer avec le manager qui souhaite nous faire payer 10 000 aed, pour le poteau dégradé !

Florent lui explique fermement que les assurances sont faites pour ces désagréments… Nous partons ensuite rendre notre voiture abîmée, qui à ma grande surprise nous est remplacée sans sourciller !

Moralité :

Rien ne sert de vouloir tout contrôler

La vie s’est chargée de m’aider

Pour ne pas sombrer dans la mélancolie

Avec une sortie, toute en acrobaties ;)

 

 

1 Comment on Journal 37 : If only I knew!

  1. Name*
    15 septembre 2015 at 21 h 18 min (2 années ago)

    excellent
    Toujours autant de plaisir à te lire

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