Journal 31 : Chicken misery !

Il y a quelques semaines, alors que je profitais en toute quiétude de la douceur d’un climat ouaté, perché dans mon cinquième adoré, écoutant le ronron de l’été, protégée par l’anti cyclone non des Açores mais plutôt celui des enfants et mari dehors (loin, très loin)….Florent me téléphona, la voix blanche de celui qui ne veut vous inquiéter…enfin si quand même un peu…ce faux air décontracté…. retenant un cri étouffé…

Mon mari, pourtant peu enclin à me demander toutes les cinq minutes mon avis, venait me relater ce qui venait de lui gâcher une partie de sa journée (étant resté à Dubaï pour travailler)…en effet, après un chiche repas à la cantine (eh oui même à Dubaï, on ne déjeune pas tous les jours dans un étoilé !)…

un os de gallinacé s’était niché en travers de sa tranchée…en clair, le péroné d’un poulet s’était coincé dans son gosier !

Le malheureux chaque fois qu’il avalait se voyait dans les dix prochaines années, ne se nourrir que de purées ! Et c’est là que mon avis importait : devait-il se rendre aux urgences de quartier ?!

Après deux trois questions de circonstance : Se voyait il vivre avec une poule à ses crochets ? (en plus d’une femme et de deux enfants exigeants !) …Pourrait-il parler sans émettre des râles non contrôlés ? Arrivait-il tout simplement encore à respirer ?????

La négative l’emporta et je lui conseillai donc vivement de se rendre à l’hôpital…

Il décida tout naturellement de commencer son périple en allant consulter un ORL syrien parlant français dans un premier hôpital qui après lui avoir passé un tube dans le nez en conclut qu’il ne voyait rien….ne dénigrons pas la médecine étrangère cet homme avait surement plus vu dans sa vie des tympans bouchés qu’un œsophage obstrué…

Florent rentra, de plus en plus gêné, avalant pour seul diner, un pain entier et deux litres de thé !

Le lendemain, il se rendait dans un autre hôpital afin de rencontrer un gastro entérologue…si le nez restait muet….la bouche, elle, peut être parlerait !

Peu importe l’orifice, tant qu’on en retire le vice !

Le médecin prit la situation très au sérieux et l’envoya aussitôt passer une radio. Enfin, aussitôt….après avoir payé sa consultation…

Ne déconnons pas, la santé d’accord mais le paiement, d’abord !

La radio ne donna rien, et après ce deuxième règlement direction le scanner…ce dernier fut plus locace….et alors que Florent payait, le doc l’attrapait pour lui dire qu’il avait finalement vu sur la radio l’os du poulet…il n’y avait donc plus de temps à perdre il fallait L’HOSPITALISER !

Mon pauvre Florent alla de ce pas régler sa chambre et l’anesthésie générale qu’il devrait subir…

Hospital road sign

Il débarqua alors dans une chambre 5 étoiles,

un Palace à coté aurait fait figure d’auberge de jeunesse…

Spacieuse, vue dégagée, salle de bain équipée ! La cerise sur le cake : le menu du room service sur la tablette !!!!

A peine installé, en nuisette de circonstance dans son lit douillet, un indien vint lui poser la perfu…et là l’infirmier rata à deux reprises la veine bleutée…le pauvre homme honteux et désabusé finit presque par s’assoir dans le lit pour pleurer…comment après tant d’années pouvait-il encore se louper…Florent, compatissant devait gérer en même temps deux intrus envahissants !

L’homme gémissait … ce qu’il venait de faire était tellement déshonorant…

Ah les différences culturelles!…Nous en France si l’infirmière te charcute pendant deux plombes, elle ne pleure pas, elle t’engueule parce que tu n’as pas de veine !!!!

L’homme finit par quitter les lieux et l’attente pour Florent commença….

Au bout de quelques minutes, un homme arriva et le pria de grimper sur le chariot…mais quelques mètres plus tard changement de programme on les stoppa net et c’est dans sa chambre qu’il retourna !

Finalement un médecin vint lui dire que le bloc n’étant pas prêt de se libérer aux vues du nombre d’urgences, le mieux (pour qui ?) serait de le faire sans anesthésie ! Mon pauvre mari qui ne connait comme anesthésie que la petite piqure du dentiste ou les longues litanies de sa femme (« Je suis grosse ? Si je te dis que je suis grosse ! Dis-moi que je suis grosse ! Ah tu vois tu penses que je suis grosse ! ») …ne vit pas d’objection majeure …

investir-dans-une-poule-pondeuse1[1]

Il atterrit donc dans une salle, accueilli par une infirmière égyptienne à l’accent anglais improbable qui commença en guise de salut par lui demander si le courage faisait partie de ses vertus….on a beau dire même en anglais ce genre d’entrée en matière est loin de mettre en confiance !

Elle lui expliqua que beaucoup de personnes à qui on mettait ce tuyau dans la gorge se plaignaient de ne pouvoir respirer (les cons !) mais qu’en réalité ils ne pouvaient pas s’asphyxier (bonne nouvelle !)

Et là l’endoscopie débuta….aux dires du malheureux ce fut le pire moment de sa vie…

Imaginez-vous un tuyau d’arrosage dans le gosier, le sentiment de ne plus pouvoir respirer…il se débattait, hurlait, pleurait, je vous passe les détails (quoique !) on l’a rempli d’air pour mieux le sonder…bruits en tous genres assurés suivis de spasmes vomitifs exacerbés …

Mon mari n’était plus qu’une loque braillante et pétante, une baudruche dilatée, possédée par un tibia de poulet !

Il s’agrippa au bras de l’infirmière en la suppliant du regard d’arrêter …10 lonnnnngues minutes plus tard, le calvaire était terminé !

Le doc gêné, on ne sait si c’est à cause du spectacle navrant auquel il venait d’assister ou vis à vis de ce qu’il devait annoncer mais toujours est-il que l’intrus avait disparu !

L’os, envolé !

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Dans la minute qui succéda l’évènement Florent et le corps médical revêtirent illico leur masque social et s’en suivirent comme si de rien n’était … de grandes conversations en tout dignité !

On le remonta dans sa suite et alors qu’il s’apprêtait à se rhabiller il tomba nez à nez avec le reste du gallinacé !

L’os avait dû être expulsé lors d’une de ses nombreuses convulsions incontrôlées !

Florent regagna notre appartement, vidé mais soulagé !

Inutile de souligner,

Qu’il serait dorénavant mal venu

De mettre du chicken au menu ;)

 

 

 

2 Comments on Journal 31 : Chicken misery !

  1. Frank
    12 octobre 2014 at 9 h 43 min (3 années ago)

    Heureusement que ce n’était pas un tibia de poulet bicyclette…

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    • journalexpat
      12 octobre 2014 at 10 h 08 min (3 années ago)

      ;) pas de risque à Dubaï même les poulets vont au SPA!

      Répondre

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